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Timo & Alain Huck

Musée Jenisch Vevey: Timo a rendez-vous avec l'intriguant tableau "S.T. Larmes blanches 218" d'Alain Huck. L'une des questions qu'il pose à l'artiste révèle un mystère oublié...
Timo

MINI-PORTRAIT DE LA / DU JEUNE

Nom: Timo
Âge: 16 ans

Ton parfum de glace préféré? Banal, mais chocolat.
C'est quoi l'odeur de l’été? L'odeur sucrée de fleurs.
Le plus bel endroit du monde? Le Japon à l’époque des cerisiers en fleurs.

MINI-PORTRAIT DE LA / DU JEUNE

Nom: Timo
Âge: 16 ans

Ton parfum de glace préféré? Banal, mais chocolat.
C'est quoi l'odeur de l’été? L'odeur sucrée de fleurs.
Le plus bel endroit du monde? Le Japon à l’époque des cerisiers en fleurs.

MINI-PORTRAIT DE L'ARTISTE

Nom: Alain Huck
Année de naissance: (*1957)

Votre parfum de glace préféré? Café poivre vert.
C'est quoi l'odeur de l’été? Les foins qui sèchent en rase campagne, au matin, mêlée à un brin de rosée nocturne.
Le plus bel endroit du monde? Les steppes de Mongolie que je ne verrai jamais.

Alain Huck, S.T. Larmes blanches 218, 1995-1996, Laque synthétique sur toile © Musée Jenisch Vevey

Crédits photo: Alain Huck, S.T. Larmes blanches 218, 1995-1996, Laque synthétique sur toile © Musée Jenisch Vevey.

Artiste: Alain Huck (*1957)
Titre de l’oeuvre: S.T. Larmes blanches 218
Année: 1995-1996
Technique: Peinture
Dimensions: 46 x 38 cm
Lieu d’exposition:

Musée Jenisch Vevey
Avenue de la Gare 2
1800 Vevey

www.museejenisch.ch

 

MINI-PORTRAIT DE L'ARTISTE

Nom: Alain Huck
Année de naissance: (*1957)

Votre parfum de glace préféré? Café poivre vert.
C'est quoi l'odeur de l’été? Les foins qui sèchent en rase campagne, au matin, mêlée à un brin de rosée nocturne.
Le plus bel endroit du monde? Les steppes de Mongolie que je ne verrai jamais.

Transcription de l'épisode

Salut! Je m’appelle Timo.
J’ai seize ans, j’habite à Lausanne.

L’art pour moi, c’est un moyen d’expression de toutes sortes d’émotions.

Et j’ai rendez-vous avec une œuvre d’art au Musée Jenisch.

Tu viens?

TIMO: Bonjour, j’ai rendez-vous avec une œuvre d’Alain Huck. Où est-ce qu’elle se trouve?

ACCUEIL MUSÉE: Vous la trouverez au premier étage, dans la salle consacrée à la collection de peintures. Bonne visite!

TIMO:

Il me semble apercevoir l’œuvre; et la salle est absolument magnifique. Alain Huck… OK. Je ne m’attendais pas à un truc comme ça. Je décrirais ça comme vide, à la première impression. Vide, mais qui, en tous cas c’est ce que m’inspirent les œuvres principalement blanches, présente une sorte d’harmonie et de paix, quelque chose d’homogène. Ce que je trouve hyper intéressant, c’est les “dégoulinements” de peinture qui créent des sortes de stalactites. Ça ajoute une sorte de texture à l’œuvre; ça ajoute quelque chose de vivant à l’œuvre plutôt que juste un simple rectangle blanc.

Moi, ça me fait me sentir plutôt bien. Mais je pense qu’une œuvre pareille, si on est dans un état d’esprit négatif, peut tout autant augmenter cet aspect-là.

Cette œuvre a été faite par Alain Huck entre 1995 et 1996. Elle s’appelle Larmes blanches 218. C’est une peinture en laque synthétique sur toile et elle fait 46 sur 38 centimètres.

Et maintenant, le titre, ça change un tout petit peu mon point de vue, parce “larmes blanches”, ça me fait très vite penser au thème de la religion et quelque chose de saint, plutôt que d’abord paisible. Comme des larmes d’une Sainte. ça continue sur mon sentiment de paix. Le titre me fait comprendre que les dégoulinements sont beaucoup plus importants que ce qu’on pense.

J’ai des questions pour l’artiste:

  • Je voudrais savoir quelles quelles émotions vous voudriez transmettre à travers quelque chose d’aussi blanc?

  • Quelle est votre l’importance selon vous des larmes que vous avez fait couler sur le bas de votre œuvre? Est-ce que ce serait plutôt quelque chose de paisible ou d’agressif? Et qu’est-ce qu’elles représentent à vos yeux?

  • Est-ce que possiblement votre région, votre culture, aurait pu influencer cet esthétisme de votre œuvre?

ALAIN HUCK:

Salut Timo. Merci d’avoir passé du temps devant la peinture Larmes blanches. Je vais tenter de répondre à tes questions.

  • Tu me demandes ce que j’aimerais transmettre avec quelque chose de si parfaitement blanc sur la surface de l’œuvre. Bon, moi je suis obligé de remonter vingt-cinq ans en arrière. Le blanc, si je me souviens bien, il n’était pas vraiment blanc pur. Il était même assez impur, je dirais même sale, mais cela révèle le processus du travail qui était en action. J’avais accroché, une série de huit toiles, proches du format de celle qui est montrée au musée Jenisch. Sur ces toiles, j’ai simplement recouvert le support avec des couleurs (de la laque synthétique): du rouge, du jaune, du bleu, par étapes successives. J’attendais que la couche de base sèche, puis je remettais une couche d’une autre couleur, etc. etc. Et forcément, la couleur, ça coule. Je travaillais verticalement; la peinture, c’est liquide, donc ça coulait en bas du format. De petites gouttes se formaient à mesure que je rajoutais des couches; et les petites gouttes grandissaient jusqu’à devenir de petites stalactites. Simplement, comme dans tout processus minimaliste, c’est bien de trouver une fin et le blanc intervenait à ce moment-là. À un moment donné, j’estimais que les stalactites (ou les gouttes) avaient suffisamment de présence et je recouvrais toutes ces toiles qui avaient à la fin chacune une couleur différente, d’une couleur identique qui était le blanc. Ce blanc un peu sale, ce blanc qui contenait en lui une parcelle peut-être de toutes les couches qui le précédaient.

  • Ta deuxième question: Les larmes de blanc, c’est agressif ou paisible? Et qu’est-ce qu’elles représentent à mes yeux? À ce moment-là, dans ces peintures, je n’avais pas l’intention de transmettre un sentiment agressif ou paisible? C’était tout simplement un constat: la peinture, quand on la pose à la verticale, elle coule. J’ai décidé de mettre un titre et ce titre rejoint ta question, parce que très souvent, mes titres ont divers sens, selon comment on les écoute. Donc dans “Larmes blanches”, ce qui vient en premier à l’esprit je pense, ce sont les larmes qui peuvent couler des yeux. Mais l’arme blanche, c’est aussi l’arme qui est dangereuse, qui peut devenir agressive.

  • Alors la dernière question d’où je viens car possiblement ma région et ma culture ont influencé l’esthétisme de mon œuvre. Alors moi je viens de pas loin du musée Jenisch; de Blonay un village situé au-dessus de Vevey. Mais je ne crois pas que cette région où j’ai passé mon enfance ait pu influencer cette peinture ou même d’autres peintures ou dessins, où je peux peindre des paysages qui sont plus figuratifs. Je ne pense pas.
    Par contre ta question, et c’est là qu’on retrouve l’intérêt de l’art et des images qu’on montre dont le but principal, je crois, est de provoquer un échange, m’a rappelé quelque chose de la région d’où je viens. On allait souvent avec mes parents dans un endroit proche du village de Blonay qui s’appelle Scex-que-Plliau, c’est-à-dire le le rocher qui pleure, où le rocher qui pleut. C’est un site géologique au-dessus de Montreux qui est marqué par une légende, forcément de princes et de princesses ou de princesses et de princes… Peu importe, si ce n’est que dans cet endroit, il y a d’immenses strates de rochers qui pleurent / pleuvent goutte-à-goutte et forcément, l’eau en descendant le long de ces pierres calcaires fait des dépôts… Et crée de minuscules stalactites…
    Et en y repensant maintenant, ces stalactites doivent avoir la teinte de ce blanc sale, de ce blanc calcaire. Il faut que j’aille vérifier… Finalement, on pourrait dire que c’est un “blanc calcaire” que j’ai utilisé pour achever ces peintures. Et en plus j’adorais toucher, parce qu’il y a aussi de petits cailloux qui sont enrobés de ce calcaire et on a juste envie de les prendre, de les toucher, de les caresser. Et pour moi, ça, c’est aussi une notion importante, même en peinture, c’est que non seulement on a envie de regarder mais de caresser, de toucher, même si on n’a pas le droit de le faire.

Salut Timo. Je te remercie encore de m’avoir réveillé plein de souvenirs par rapport à cette série de peintures. Je te souhaite encore plein de découvertes et une belle suite…

Ciao Timo!

°°

“ART’S COOL autrement dit “Art is cool”!

C’est un rendez-vous avec une œuvre d’art contemporain suisse regardée, expertisée et questionnée par des jeunes gens auxquels répond à sa façon l’artiste qui a réalisé l’œuvre. C’est simple, non?

Aujourd’hui il a été question de Larmes blanches 218, une œuvre d’Alain Huck examinée par le regard curieux de Timo.

Ne manquez pas d’aller découvrir en vrai l’œuvre dont il était question au Musée Jenisch, à Vevey.

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Le podcast ART’S COOL est réalisé et diffusé grâce au précieux soutien de la Loterie Romande, de Pro Helvetia, de la Fondation Ernst Göhner, de la Fondation Oertli, de la Fondation Sandoz et du Pour-cent culturel Migros.

Avec les voix de Florence Grivel pour la version française et de Stephan Kyburz pour la version allemande.
Musique et habillage sonore par Christophe Gonet.

C’est une production Young Pods (youngpods.ch).